Introduction

Une porte s’ouvre de bas en haut, émettant un discret sifflement. Un homme au teint clair entre dans la sombre pièce, vêtu de gris, le regard fermé par l’âge et la vie. Ses pas sont suivis d’un écho aigu et régulier, semblable au bruit que produisent deux couverts que l’on entrechoque. La porte se referme, faisant disparaitre la lumière blanche qui s’échappait du couloir. Il s’installe à une table, s’exposant à l’unique et frêle éclairage qui perce péniblement la pénombre. En face de lui se trouve un être habillé de vêtements amples et obscurs. Ce dernier relève lentement la tête, dévoilant les deux lueurs blanches qui lui servent d’yeux. Sa respiration rauque et sa peau parcheminée arrachent une moue de dégoût à l’arrivant qui se colle au dossier de sa chaise métallique. Ils se considèrent l’un l’autre avec un mépris apparent pendant plusieurs secondes.

– Il est temps…, articula l’être aux yeux luminescents d’une voix caverneuse et lointaine.
– Oui…, commença l’autre d’un ton résigné. Il pourra bientôt être utilisé.
– Bientôt…, répéta l’être en étouffant un rictus. Huit jours…

Le regard de l’homme se pose sur une chaine métallique étendue en face de lui. Les maillons se succèdent en se chevauchant jusqu’à l’extrémité opposée de la table luisante. Les reflets engendrés par la petite lumière centrale se fragmentent sur chaque anneau de métal.

– Pouvons-nous partir à sa recherche ? questionna avidement la créature en fixant l’homme de ses deux yeux brillants.
– Elle vous guidera jusqu’à lui. Mais ne la touchez pas ! Contentez-vous de m’amener l’Hybride. L’avenir de notre monde en dépend…
– N’ayez crainte… Mes deux unités sont déjà avisées de leur mission. Elles partent sur-le-champ.

Après un bref acquiescement de l’homme, la créature se lève, replace sa chaise et, après une ample révérence, s’éloigne de la lueur diffuse. Les ombres engloutissent sa silhouette suivie de la chaine métallique jusqu’à ce qu’elle ait totalement disparu. Le silence impose son poids et le temps, sa valeur. Il est dangereux de pactiser avec le diable, pensa l’autre tout en quittant sa chaise. Il tend sa main vers un bâton argenté et le saisit. Ses pas résonnent à nouveau dans la sombre pièce, accompagnés d’un écho. La porte s’ouvre et se referme dans un sifflement sinistre et vaporeux.



Quatrième de Couverture

Alors qu’il ne connaissait que la routine des jours d’école, Angel, un jeune étudiant, se retrouve plongé dans un univers qu’il ne connait pas. Accompagné d’une fille aussi étrange qu’intrigante, il sera confronté à un ennemi puissant et à une question dont il ignorait l’existence: « Que ferais-je pour sauver mes rêves? ». Est-il lui-même assez puissant pour contrer ses propres pensées? Et que veut cette fille qui va de plus en plus loin et dont les sentiments ne semblent pas correspondre aux émotions?

Mêlant amour, combat, aventure et énigmes en plein New York actuel, ce roman fantastique vous plongera dans un monde hostile et parallèle au nôtre.



Extrait

Il lui prend la main et l’emmène dans les rues de cette gigantesque ville, le sourire reprenant place sur son visage… Sur leurs visages. Les personnes dans les rues les ignorent, elles ne les voient pas courir à travers les avenues. Ils passent à travers les corps de ces humains qui sont restés dans leur monde comme s’ils n’étaient qu’un mince filet d’eau. Il leur est impossible d’interagir avec eux. Angel et Kyodo ne peuvent que les regarder accomplir les tâches pour lesquelles tous ces hommes et ces femmes sont programmés. Ils déambulent tous dans les rues, certains en voitures, d’autres à pieds. L’un deux circule à rollers sur le trottoir, un autre court vers l’un de ces nombreux taxis. Tous se précipitent vers la seconde suivante, comme si chacune d’entre-elles devait s’éteindre avant qu’ils ne puissent voir la suivante. Une course. Voilà ce qu’est leur vie. Une course au temps, à l’argent et au pouvoir. Ils n’ont pas compris que la seconde la plus importante n’est pas celle qui va seulement s’allumer… C’est celle qui brille et nous réchauffe à l’instant présent. Il faut contempler la lumière qui brille à chaque instant !
La pluie cesse. Le soleil se lève peu à peu, ne perturbant pas le moins du monde cette agitation matinale. Kyodo ralentit, elle semble épuisée. Angel et Tobo font de même, s’adaptant au rythme de celle que l’étudiant considère désormais comme son alliée… Comme son amie.

– Angel… Murmura-t-elle.
– Oui ? Répondit-il, soudainement surpris par ce murmure.
– Suis-moi…

Il la suit, tel un automate, telles toutes ces personnes qui avancent dans la vie sans but réel. Tobo les suit, émettant quelques bruits indescriptibles. Kyodo entre dans une ruelle. De la fumée blanchâtre s’échappe d’un soupirail, dégageant une odeur légère mais désagréable. Il n’est jamais venu ici, étant trop habitué aux grandes avenues. La récente pluie glisse encore le long des murs et reflète les rayons matinaux de l’astre magistral, malheureusement monochromes. Le bruit des moteurs de voiture s’estompe au profit du clapotis que génèrent des gouttes d’eau s’échappant d’une gouttière avoisinante.
Kyodo pose sa boite noire sur le sol… Elle s’avance vers Angel, prenant garde à chaque pas, mesurant chaque mouvement pour leur donner une grâce calculée. Sa tête reste baissée, ses cheveux cachent son regard qu’il ne peut deviner que par son attitude dont l’étrangeté l’intrigue de plus en plus. Sans relever le visage dont les yeux restent plongés dans le vide, elle ouvre ses bras et attrape Angel. Elle entoure son cou de ses fins membres et ses mains se rejoignent derrière sa nuque.





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