Introduction

-Nom? Pseudonyme?
-Nom: Kevin. Pseudo: Sirhaian.
-Planète d’origine?
-Terre, système solaire, Voie Lactée.
-Zone?
-Hémisphère Nord, Europe, Belgique, Hainaut.
-Age? Époque?
-18 ans. Né en l’an 1993 du calendrier grégorien.
-Espèce?
-Humain.
-Passions?
-Écriture, lecture, informatique, dessin et musique.
-Philosophie ou Religion?
-Protestant.
-Phrases favorites?
-No Fight, No Victory et Never give up, Never look back. Signification: Pas de combat, pas de victoire et Ne jamais abandonner, ne jamais regarder en arrière.

L’être émet un temps de pause. De sa main droite, il écrit chaque information que je lui donne sur une tablette blanche et brillante, consciencieusement. La douceur à laquelle il déplace le simple stylet à la surface de son support me surprend. Il sourit et, relevant la tête,reprend l’interrogatoire sur un ton différent, plus calme. Une pointe de mystère s’y ajoute également.

-Est-ce qu’ils te manquent?
-C’est pour eux que je suis arrivé ici, n’est-ce pas?
-Intéressant…

Il se tait. Son silence couvre toutes mes émotions… Aucun bruit ne me parvient, pas même celui des gens qui parlent à l’extérieur, ni même celui de la nuit, ni ceux du jour.

Je regarde de nouveau mes mains, mais je ne peux les voir.
Un livre se tient à côté de moi, posé sur le sol immaculé. Il ne possède pas de couverture, dévoilant les premières feuilles déchirées et plissées. Il semble être passé par bon nombre de péripéties.

Mes souvenirs s’effacent peu à peu… J’essaie de les rassembler mais tout est flou, confus.

Je ferme les yeux…



Quatrième de Couverture

Un projet d’étudiants…
Une rencontre à Paris…

Quelques prémices…
Des avertissements…

Une panne d’électricité globale…
Un nouveau gouvernement mondial…
Des meurtres légalisés…
L’armée descend dans les rues…

Des questions, aucune réponse.
Survivre, vivre, tuer ou résister?
Écouter ou se taire?
Esclave ou Maître?

Nous le savions depuis l’aube des Temps…
Mais nous l’avons ignoré…

Je recule, je m’écarte de la porte. J’entends quelqu’un qui entre…
La porte s’ouvre violemment. Quelques cris sont échangés…

J’entends ce bruit métallique que personne n’apprécie…
J’entends des bruits de verres qui se brisent et qui tombent sur le sol…
J’entends ce sifflement aigu, si désagréable aux oreilles des Hommes…
J’entends ces cris de détresse, qui restent sans réponse…
J’entends ces rires de guerre, si malsains, si horribles…
J’entends ce cliquetis de métal, annonçant cette note finale…
J’entends ce lourd silence, de mort pour certains, de victoire pour d’autres.

Je n’entends plus que le tic-tac de l’horloge, posée sur ce meuble…
Son aiguille s’arrête sur douze heures. Le temps s’est arrêté.



Extrait

1 Septembre 2011

L'hôpital est vide. Du moins, le premier étage. Il est passé minuit.
Nous accélérons le pas, la peur s'infiltrant peu à peu dans nos pensées. La cage d'escalier est là, sur notre droite. Nous y allons. La porte s'ouvre, grinçante. Nous descendons, peu soucieux du bruit que produit le contact de notre pied avec les marches des escaliers. Matt nous ouvre la porte de l'armurerie. Les autres qui nous accompagnent sont émerveillés et interrogatifs. Personnellement, je suis surtout soulagé de voir que personne ne nous attendait avec pour seule envie de nous tuer.
Nous récupérons des armes et des munitions autant que possible. J'emporte deux mitraillettes et une dizaine de chargeurs dans un sac en plastique blanc. Tout le monde a les mains pleines. Nous préférons ne pas nous attarder ici. Nous remontons au rez-de-chaussée. Nous courons dans les couloirs, vers la sortie. Une fois devant la porte, nous patientons. Matt avance en premier, sur ses gardes. Il semble inquiet. Une arme dans chaque main, il se colle à la porte. Il passe la tête à l'extérieur.
Une intense douleur traverse mon crâne... Ça recommence... Je regarde les pieds de Matt. Sans réfléchir, je le tire en arrière en agrippant ses vêtements. Il tombe en arrière. Une déflagration retentit au loin. Un impact au sol soulève un petit nuage de poussière et creuse un trou de la taille d'une pièce d'un euro dans le béton.
Un rayon rouge reste à cet endroit pendant quelques secondes, vibrant, avant de quitter la poussière qui commence à se disperser. D'un coup de pied, Matt referme la porte.
La panique s'empare de nous. La peur déjà présente s'est intensifiée. Nous devons sortir d'ici... Je demande s'il sera possible de passer en force. On me répond que c'est du suicide. On ne pourra pas rester longtemps ici à cause de ce tireur d'élite embusqué... Bloody, les mains tremblantes, avance vers la porte. Elle l'entrouvre. Un point rouge apparait à côté d'elle. La vitre de la porte éclate et la balle s'écrase sur le sol, bondissant et ralentissant jusqu'à mes pieds. Bloody recule, évitant de justesse la trajectoire mortelle. Elle regarde le sol, effrayée par ce à quoi elle vient juste d'échapper.
Avance...
Crois et tu vivras...
Tel un automate, j'ouvre la porte... Ils me regardent tous, me prenant pour un fou, un suicidaire, un kamikaze... Je continue à avancer. Rien ne se produit. Les autres me suivent, hypnotisés par ma marche lente et envoutante malgré elle. Le point rouge réapparait, tremblant. Il se fixe à quelques centimètres de mon pied droit. Je ne le regarde pas, j'ai les yeux fixés dans le vide, comme si j'étais possédé. Je ressens une vive chaleur qui se répand dans tout mon corps. Mes pieds bougent sans que je leur en donne l'ordre. Une déflagration résonne dans le parking uniquement éclairé par la lampe torche de Matt et par la Lune
désormais haute dans le ciel percé d'étoiles... Le point rouge n'est plus là. Il a effectué un rapide bond en avant juste avant que le son de la déflagration ne parvienne à nos tympans. Mes yeux sont encore fixes... Je ne ressens plus que cette chaleur qui ne veut plus me quitter, qui me contrôle.
Un sifflement aigu se répand dans l'air, suivi de la mort. La balle se rapproche... Rapidement. Sans la voir, je la sens arriver. Elle est prête à donner son poison. Elle s'apprête à libérer toute la fureur que lui ont confiée les Humains... Un souffle se propage... Le vent semble se lever. Mes vêtements s'agitent, se soulèvent presque... Le sifflement s'interrompt. Une douce musique se réveille dans ma tête... La balle semble ralentir. Sa vitesse diminue... Elle s'arrête. Elle tombe, produisant un horrible son métallique lors de son impact avec le sol. Les autres la regardent heurter le béton... Ils la regardent rebondir en quelques soubresauts, ne comprenant pas ce qu'il se passait sous leurs yeux.
Je continue à avancer, les yeux encore fixés vers l'horizon, regardant vers l'infinie beauté de la nuit. Le point rouge reparait à mes côtés, encore plus tremblant que la dernière fois. Il s'éloigne rapidement, comme d'un coup de vent. Une autre déflagration retentit juste l'instant d'après. Un nouveau souffle caresse mon visage... Le projectile tombe une nouvelle fois sur le sol, reflétant à chaque rebond la lumière de la Lune. Nous continuons à avancer, lentement, les autres suivant mes pas les uns après les autres. Je ne sais pas ce qu'il se passe... Jamais je n'ai vécu une telle expérience.
Continue... Ne regarde pas en arrière...
Crois et tu vivras.
Je ne sais pas m'arrêter. Mes membres sont la marionnette de cette étrange sensation qui parcourt mes veines. Mes pupilles sont dilatées. La nuit ne semble plus être celle qu'elle est. Notre satellite semble l'éclairer comme en plein jour. Je pense être le seul à subir ce phénomène... Un autre point rouge apparait. Il essaie de me suivre et finit par atteindre mon torse. Je ne le regarde pas. Il tremble et vibre comme une mouche autour d'un morceau de sucre. Encore une déflagration... Encore un coup de vent, suivi d'un bruit métallique... Nous arrivons à la sortie du parking. Le point rouge a de plus en plus de mal à nous atteindre grâce aux obstacles qui sont sur sa route. Je reprends le contrôle de mes sens et de mes mouvements. Une légère douleur apparait dans mon esprit et repart aussitôt. Je regarde autour de moi. Nous sommes hors du parking... Nous courons dans la rue, nos bras remplis d'armes et de munitions. Les autres sont encore sous le choc de ce qu'il vient de se produire. Moi-même je n'ai pas vraiment compris...
Bloody court à côté de moi. Elle me sourit. Elle semble vraiment soulagée et heureuse d'être sortie de ce problème. Nous étions tous sur le point de mourir. La peur nous a quittés.
Un point rouge réapparait à côté de moi. Bloody court et me dépasse. Le point rouge la suit...
J'essaie de crier... J'essaie de la tirer vers moi, d'attraper ses vêtements...
La petite lumière se rapproche, encore et encore... Elle touche ses pieds... Elle remonte le long de ses jambes... J'essaie de crier... Rien ne sort... J'essaie de l'attraper... Elle est trop loin... J'essaie de me mettre devant le point rouge... Je trébuche... Je crie...
Elle se retourne...
Le point rouge est sur sa poitrine...
Une déflagration retentit au loin...
Le vent ne s'est pas levé... Le projectile n'est pas tombé... Un cri résonne dans la rue... Il se répand dans nos oreilles et dans nos corps qui se pétrifient. Bloody tombe sur le sol, projetée en avant comme une vulgaire poupée de chiffon, laissant derrière elle un fin nuage rouge... Du sang se répand sur son côté droit, au-dessus de son bassin. Le point rouge disparait, laissant sa victime sur le bitume, agonisante. Elle ne bouge plus. Moi également. Je reste telle une statue face à la mort.
Suis-je... un lâche... ?
Une femme de notre groupe se précipite vers elle. Elle dit être médecin. J'aurais dû écouter les présentations lorsque nous les avons faites... Elle s'approche de Bloody. Elle la retourne sur le dos et colle son oreille droite sur sa poitrine. Elle sourit légèrement. D'un signe positif de la main, elle nous dit qu'elle vit encore. Soulagement.
Matt la prend dans ses bras. Nous courons vers la jeep abandonnée que nous avions trouvée plus tôt. Nous la déposons sur le siège arrière. Il s'assied sur le siège du conducteur. Je m'assieds à côté de lui, sans réfléchir. Il sourit mais me demande de céder ma place au médecin, dont je ne sais toujours pas le nom. J'acquiesce. Elle monte à côté de Matt, veillant sur Bloody, qui est encore évanouie.
Je regarde la jeep démarrer et quitter la rue... Nous la suivons...
Nous arrivons à la gare de Lyon, après quelques heures de marche. On nous y accueille comme des héros, Matt ayant déjà raconté nos exploits et l'étrange phénomène dont nous avons été témoins. Je demande comment se porte Bloody. L'ambiance festive disparait aussitôt. La femme qui s'en est occupée durant ces quelques heures s'approche de moi. Sans un mot, elle m'emmène dans une pièce isolée du bâtiment. Je peux lire à l'entrée: ''Infirmerie''.
J'ouvre la porte. Elle reste en arrière, me laissant seul avec mon amie, qui est couchée sur un lit taché de sang. Je m'approche, lentement. Je ne sais pas si elle dort... Elle me regarde. Je regarde sa blessure... Un bandage lui a été apposé. Il est déjà gorgé de sang... Elle me regarde encore. Elle ne semble pas avoir mal. J'ai l'impression qu'on lui a injecté une dose de morphine. Elle semble être entre deux mondes. Je me tiens debout à côté d'elle. Elle essaie de me parler...
-Sir'...
-Oui...? répondis-je.
-Je te promets... de ne plus jamais te frapper... dit-elle dans un rictus forcé.
Je rigole également... Mais des larmes commencent à sortir de mes yeux... Ma vue commence déjà à se troubler...
Elle continue à parler, un sourire se dessinant sur son visage.
-J'espère pouvoir sortir d'ici un jour...
-Mais oui... Ne t'en fais pas... Nous avons d'excellents médecins parmi nos différents groupes.
-Si tu le dis... Quoi qu'il arrive...
Elle respire profondément avant de continuer. Une larme s'échappe...
-Quoi qu'il arrive... Je suis vraiment, vraiment, vraiment contente de vous avoir connus, toi et les autres d'After Dawn... Et Matt aussi...
-Bloody...
-Grâce à vous... J'ai pu vivre... Et mourir aussi, mais ça n'est rien, ça...
Je ne peux plus retenir mes larmes...
-Arrête de dire ça... Tu vivras!
-Je ne me fais pas d'illusions... Je sais bien quel est le sort qui m'est réservé...
-Ne dis pas ça...
-Kevin... Merci pour tout... Enfin, tu n'as pas fait grand-chose en réalité... Mais merci pour les moments durant lesquels tu as tout fait pour m'aider...
Ses paupières commencent à vaciller...
-Merci...
-Bloody... Bloody!
Elle ferme ses paupières...
Je lui donne des claques, espérant par une quelconque magie de la réveiller...
''Hey! C'est bon, j'suis pas morte!''
Sans l'entendre, je continue à frapper son visage... Des larmes coulent en torrents d'émotions.
''Arrête! Je suis réveillée, oh!''
Je rouvre les yeux... Elle me regarde, ennuyée mais néanmoins le rire aux lèvres...
''Tu t'es vengée, hein? Avoue!''
Elle éclate de rire, ignorant la douleur. Je fais de même, ignorant la peur...
''Bon, maintenant, si tu voulais bien me laisser me reposer... Ce serait gentil...''
Elle me sourit et ferme les yeux. Elle semble apaisée. Je suis certain qu'elle vivra... Du moins, aussi longtemps que la plupart d'entre-nous... Je quitte l'infirmerie. J'avertis le médecin qu'elle est en train de dormir. Nous quittons cette partie du bâtiment et nous revenons sur les quais.





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